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    Au fond d'un coffre, j'ai retrouvé des photos papiers et des diapositives qui moisissaient.                                                        

    Je les ai scannées ce qui m'a fait revivre cette (modeste) aventure d'un autre temps, d'un autre siècle...

     

    Arthur est un voilier de huit mètres en aluminium à quille relevable, ce qui permet de réduire le tirant d'eau de 1,80 à 0,80 m.

    Je l'ai racheté à un couple de Dunkerquois en prévision d'un long voyage.

     

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    Avec ce bateau j'ai traversé seul l'océan Atlantique (ici à Etaples lors de nos premières sorties) * photos Hervé Cousin 

     

    mon premier force 7 * Itinéraires

    le skipper est quelque peu crispé (dans le raz de Barfleur)

     

    naviguer en Manche ce n'est pas de tout repos * Itinéraires

     

    Problème quotidien pour le novice : calculer sa route selon le vent et les courants * Itinéraires

     

     

    Avant de rencontrer Arthur, j'ai commencé par faire des ronds dans l'eau devant Calais (voir ici) J'ai ensuite navigué comme équipier en Bretagne, puis jusqu'au Maroc (Tanger). Cette dernière expérience m'a conforté dans l'idée que pour une longue traversée, il vaut mieux être seul...

     

    Arthur rejoint ses quartiers d'hiver sur le canal de la Scarpe (Hervé dans l'écluse de Brebières)

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        Itinéraires     Itinéraires au port fluvial d'Arras

    Itinéraires  Itinéraires

     

    La quille pivotante de 800 kg me cause des soucis. Je dois la démonter pour remplacer l'axe qui a pris du jeu et remplacer le vérin hydraulique.

    Je cale le bateau avec des bidons et des madriers, puis je creuse un trou sous la quille. Je démonte l'axe et je descends la quille à l'aide d'un cric. Ce sera un peu plus compliqué pour la remonter...

    J'effectue d'autres travaux : réfection de l'aménagement intérieur, bricolage d'un pilote automatique (avec du matériel de récupération), faire souder un puits pour le moteur hors-bord trop exposé sur la chaise extérieure, vérification des voiles, fixation de morceaux de moquette de salle de bain aux endroits stratégiques pour éviter l'usure des voiles par frottement, remplacement de tous les cordages, pose d'un gréement neuf, renforcement d'une attache de gouvernail dont la soudure s'est fissurée...

    Début avril, je quitte mon emploi de chauffeur routier pour me consacrer entièrement à la préparation du voyage (mon ex-patron me permet de réaliser quelques soudures dans son atelier).

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    Arthur est prêt pour le voyage Itinéraires

     (les lettres DK symbolisent le quartier d'immatriculation : Dunkerque)

     

     

    le carré à tribord (et la couchette de navigation)   Itinéraires 

     

    Itinéraires table à cartes et cuisine à babord

    L'appareil en forme de croix associé au poste radio à côté s'appelle une gonio. Il sert à capter les radiophares, qui sont l'équivalent en ondes radios des phares visuels. Je m'en servais très peu car son usage incertain provoquait automatiquement l'apparition d'un mal de mer certain. Mes instruments de navigation se limitaient donc à un compas magnétique (sorte de grosse boussole), un loch-speedomètre (compteur de vitesse) et un sondeur. Quand le loch a cessé de fonctionner, je n'utilisais plus que le sextant (les GPS n'existaient pas encore).

     

     

    Sur le canal de la Scarpe avec Hervé Itinéraires

     

    Pendant ses vacances, Hervé m'accompagnera jusqu'en Espagne mais le temps qu'il se libère de ses obligations professionnelles, il me faut un équipier pour passer les écluses et rejoindre Calais. J'embarque Didier sans le connaître et le voyage sur le canal se passe très bien.

    Plus s'approche la date du départ et plus on a de choses à faire, toutes plus urgentes les unes que les autres !

    J'ai décidé de quitter le terminal fluvial d'Arras mercredi coûte que coûte dans la crainte superstitieuse que si je retarde un tant soit peu mon départ, je ne partirai jamais. A 17 h, nous ne sommes pas encore prêts mais je décide de larguer les amarres, discrètement, comme pour une promenade sur le canal. Nous naviguons deux heures et stoppons devant l'écluse de Biache-Saint-Vaast. C'est fait, nous sommes partis, le grand voyage a commencé !

    Deuxième étape : Calais

    Il faut mater le bateau et effectuer le réglage du gréement. Je mets la dernière main au pilote automatique que j'ai bricolé avec du contreplaqué et des bouts de ferraille (ce n'est pas très beau mais ça fonctionne, c'est pas cher et c'est facilement réparable).

    Troisième étape : Boulogne-sur-mer.

    J'embarque Hervé. J'attends un colis de cartes et de documents nautiques qui n'arrivent pas. Je décide de partir sans (ce qui n'est pas sérieux) mais Didier va me les chercher à Lille et me les rapporte in-extremis à Boulogne. Merci Didier !

    Je n'ai informé personne de mes projets réels, parce que je ne suis pas sûr de moi et que d'aucuns ont considéré mon bateau comme pas sérieux  et pas du tout adapté au long cours. Il est vrai qu'Arthur n'a pas été conçu pour un usage transocéanique. Règlementairement, il n'est même pas autorisé à traverser la Manche dans sa plus grande largeur (ne parlons pas du Golfe de Gascogne...). Donc... discrétion. Mais je connais ses points faibles (comme le mat fin comme un spaghetti pas cuit) et je vais naviguer en conséquence.

    Boulogne-Cherbourg

    Cette fois le raz de Barfleur nous épargne et le raz Blanchard de mauvaise réputation se laisse passer au moteur par calme plat.

     

     île de Guernesey

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    Encombrements aux Anglos-Normandes (Guernesey) comment vais-je sortir ?

     

     

     Itinéraires * On l'oublie souvent mais les chauves ont été chevelus...

    Naviguer en Bretagne nord demande du soin et un minimum de sens marin. D'abord calculer sa route en fonction du vent et des courants de marée, des cailloux, des heures d'accès aux ports (beaucoup sont inaccessibles à marée basse). Ensuite tout réajuster en permanence selon la vitesse du bateau, les changements d'allure, etc... Avant l'apparition des GPS, souvent sans repère on naviguait "à l'estime". C'est un sport où, plus que l'âge du capitaine, la sensibilité de son nez est essentielle. Quant à "l'estime" de soi, elle était souvent remise en cause... Pour la confiance de l'équipage, il était important que le capitaine sache toujours où il se trouve (où fasse semblant de le savoir même s'il nage dans l'incertitude la plus complète). Les GPS ont radicalement changé notre façon de naviguer.

     un passager clandestin entre Guernesey et Perros-Guirec Itinéraires

     

     

    Perros-Guirec

                                           Itinéraires *

                                   le panneau blanc tout à fait à l'arrière, c'est la girouette du pilote automatique

    On ne fait pas que naviguer ! On se prend du bon temps à découvrir l'arrière pays à pied ou à vélo (de location).

     

    L'Aber-Wrach

    C'est l'escale presque obligée avant de tourner l'extrémité ouest de la Bretagne par le chenal du Four, un coin mal pavé où ça chauffe (sans jeu de mot) c'est une sorte de gymkhana inquiétant entre roches et balises. Il vaut mieux attendre le courant favorable pour tenter sa chance.

           Itinéraires *

    En Manche par beau temps, la brume masque souvent la côte. Je décide donc de passer le chenal du Four de nuit, ce sera plus facile de se localiser grâce aux phares et aux balises lumineuses. On ne plaisante pas avec les courants et les cailloux.

     

    Camaret

    Un méchant coup de sud-ouest nous bloque trois jours à Camaret. Nous en profitons pour faire du tourisme parmi les langoustiers.

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    Camaret- La Corogne (Espagne) traversée du golfe de Gascogne

     les Tas de pois (avant le raz de Sein) Voyages

     

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    le raz de Sein

     

     

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      sous voilure réduite

      ou comment obtenir un horizon droit...Itinéraires

     

     

                                                                                                     

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    La mer porte encore les stigmates du coup de vent des jours précédents, puis s'apaise...

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    mes premiers points au sextant Itinéraires *

     

     

                                                 vent arrièreItinéraires

     

       ça pulse ! Itinéraires

     

    A notre départ de Camaret, la mer est un peu forte, puis se calme le deuxième jour, puis s'agite de nouveau à l'approche du plateau continental. La troisième nuit, alors que je suis à la barre, le bateau se met en travers dans un départ au surf et le gouvernail se casse. Arthur est ingouvernable.  Nous attendons le petit jour pour tenter une réparation de fortune. J'ai la chance d'avoir un équipier qui garde tout son sang-froid. Après discussion, et plusieurs tentatives (l'aviron de godille se brise net après quelques secondes de mise en service), je sacrifie le contreplaqué d'une couchette. En nous relayant (l'un tenant les jambes de l'autre qui se fait copieusement arroser par des vagues peu amicales), le buste penché hors du bateau, nous perçons des trous dans ce qui reste du gouvernail avec la chignole à main. Ebéniste de métier, Hervé est particulièrement adroit de ses mains. Concentré sur son ouvrage malgré les douches froides à répétition (je lui tiens fermement les jambes) il ajuste et boulonne adroitement les panneaux de contreplaqué sur le moignon du gouvernail. Il renforce le tout avec un morceau de l'aviron de godille. Nous remettons en route vers le milieu de la matinée alors que la côte de la Galice se profile à l'horizon. Nous arrivons à La Corogne dans l'après-midi.

    la réparation de fortune du gouvernail Itinéraires

     

                               Itinéraires

     

    Avant de rentrer en France, Hervé m'aide à choisir un solide morceau d'iroko chez un menuisier du port. En suivant ses conseils éclairés, je confectionne un nouveau gouvernail. Je répare le pilote automatique mais je ne peux rien pour le loch-speedomètre dont l'hélice est cassée.

    Désormais seul, je me promène en Galice, explorant les rias profondes : Camarinas, Corcubion, Muros...

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                             brume matinale à Muros  Itinéraires

     

     Itinéraires les îles Cies

     

                   Bayonna (baie de Vigo) Itinéraires

     

    Je passe un jour et une nuit sans vent, perdu dans la brume à l'entrée de la baie de Vigo, sans savoir où je suis réellement, au milieu des bateaux de pêche que je ne vois pas mais dont j'entends le bruit des moteurs. Expérience peu agréable.

     

    A Bayonna, je me pose quelques questions métaphysiques, je tergiverse... La côte ouest de l'Espagne et du Portugal étant assez dangereuse pour la navigation en solitaire (ports difficiles d'accès, nombreux pêcheurs, les cargos, veille obligatoire en permanence). Je me décide à tenter le grand saut : cap direct sur l'île Madère. Mais ce n'est pas sans anxiété que je m'élance un beau matin...

     


                                       cap au large Itinéraires

     

     

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       houle atlantique   Itinéraires

     

     

     

                    ça commence à forcir Itinéraires

     

     

     

     

     

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    un ciel de mauvais augure

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    Itinéraires force 8 au large du Portugal

    C'est mon premier coup de vent. Il n'est pas méchant mais je suis impressionné. J'ai barré une partie de la nuit. Au petit matin, je mets le bateau à la cape. En travers du vent, sans voile, grâce à son déplacement léger, il fait la mouette. A l'intérieur, j'entends le bruit de locomotive des déferlantes qui précède un double bang : celui de la vague qui explose contre la tôle côté babord, celui de la tôle côté tribord quand le bateau retombe dans le creux. 3mm d'aluminium ça me paraît bien peu pour me défendre de l'océan. Je me dis que ma vie dépend du savoir-faire et du sérieux du chaudronnier qui a soudé les tôles d'Arthur à Isigny en Normandie.

                                                                                    

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          Un bleu trompeur    Itinéraires

     

     

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                     Après le passage du front froid, le calme revient sur l'océan. Arthur se traîne.

     

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      les dauphins      

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      passent les jours et les nuits  Itinéraires

       
     Itinéraires
    Il n'y a pas encore de GPS, la route à suivre s'inscrit dans la course du soleil et des étoiles.

    Quand l'île apparait à l'horizon, là où je l'attends, c'est magique (Porto Santo, archipel de Madère)

     

    le matin du dixième jour... Voyages

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    ... arrivée à Funchal (Madère) Itinéraires

     

     

     

       Itinéraires  Arthur à Funchal

     

    Pour visiter l'île de Madère cliquer... ICI...

     

    Ilhas Desertas (archipel de Madère) Itinéraires

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    Je pars pour les Canaries Itinéraires

    Itinéraires une semaine de navigation paisible

      en compagnie des dauphins   Itinéraires

     

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    Itinéraires l'arrivée à Las Palmas (Gran Canaria)

    le port de Las Palmas, la nuit Itinéraires

     

    et le jour Itinéraires

    Arthur n'est pas le plus petit à traverser Itinéraires

    Ce voilier de 6,50 m  mené par un jeune couple de Canadiens a déjà une transat sous la quille.

     

    Pour visiter Gran Canaria cliquer... ICI...

     

     

     Un samedi, je pars... pour la traversée de l'Atlantique !

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    mais le deuxième jour le vent me lâche                     

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    Itinéraires calme plat

     

    Le cinquième jour, j'aperçois encore le sommet du pic de Teide qui culmine à 3715 mètres sur l'île de Ténérife.

    Le temps passe... Arthur est englué dans les calmes. Sur la carte de l'Atlantique, les croix qui symbolisent ma position à l'heure de la méridienne, se chevauchent désespérément. Quand je mesure la distance qu'il me reste à parcourir, je me dis qu'à cette vitesse j'arriverai de l'autre côté... dans six mois. Les calmes sont plus éprouvants pour les nerfs que la baston.

     une mer d'huile Itinéraires

     

    Coucou ! revoilà les dauphins Itinéraires 

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    Ces deux dauphins se moquent bien d'Arthur Itinéraires

    je les ai surpris en pleine parade nuptiale, marche arrière sur la queue et cabrioles. Du grand spectacle !

     

     

    Itinéraires Deux dorades coryphènes qui vont passer à la casserole

     

    Une bonite Itinéraires

    Pas besoin de la vider, je me contente de découper deux grandes tranches dans la longueur : deux steacks de thon à la poêle.

     

    Cette mésange des Canaries s'est perdue Itinéraires

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                                                                            Itinéraires

     Les oiseaux terrestres égarés en mer ne restent jamais longtemps à bord. Une fois reposés, ils repartent... pour nulle part.

     

     

    Itinéraires Un petit friselis sur l'océan...

     

    Le vent revient ! En force. Un alizé presque brutal comme s'il voulait rattraper le temps perdu.

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    C'est assez inconfortable, on est pas mal secoués, Arthur et moi.

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                    L'alizé finit par s'essouffler, j'en profite pour faire sécher mon linge.

     

     

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      l'entrée du pot au noir

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     la nature est un temple où de vivants piliers...

    Le pot au noir (Zone Intertropicale de Convergence) est une zone merd... une zone perturbée qui sépare les alizés de nord-est et de sud-est. C'est une sorte de désorganisation météorologique où se succèdent orages, grains subits et violents, vents imprévisibles, calmes plats entrecoupés de bourrasques folles, mer chaotique... Le cauchemar des navigateurs...

     

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          Itinéraires les grains se succèdent Itinéraires            

     

     

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                                           Itinéraires

    La mer se met à fumer sous le grain. Il me reste quelques secondes pour affaler les voiles et m'abriter dans la cabine.

     

                            Itinéraires

     

     

    j'en ai marre du pot au noir Itinéraires

                                                                   Itinéraires 

     

     

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    Il me faut dix jours pour me dégager de cette zone merd... problématique.

     

    Intrigué par le comportement de mon bateau qui rechigne à avancer, j'examine la coque pendant un calme plat. Catastrophe ! La peinture antisalissure (antifouling) ne fait plus effet. Quantité de mollusques (des anatifes) se sont collés à la coque et freinent le bateau. Je dois me résoudre à me mettre à l'eau armé d'une spatule pour me battre avec ces bestioles. Un bain par 5000 mètres de fond !  Je plonge en apnée mais dans ce bleu infini, une sorte de vertige me fait perdre mon souffle. Un vertige bleu... Impressionné par les requins invisibles dont je sens claquer dans mon dos les mâchoires pleines de dents, je renonce à cette méthode. Je gonfle le canot pneumatique et je frotte avec l'extrémité d'une rame. Le résultat est moyen mais Arthur peut avancer de nouveau.

     

                                            

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                                                                     L'alizé du sud-est, enfin !

     

    Itinéraires

    Remonter l'alizé du sud-est à bord d'un petit bateau, c'est assez sportif...

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    Petit à petit, l'étoile Polaire s'abaisse sur l'horizon tandis que monte la Croix du sud...

     

                     Le passage de l'équateur Itinéraires

                     (on voit très bien sur cette photo la courbe du globe et la descente vers l'hémisphère sud)

     

    Itinéraires au bout du rouleau

     

    Deux équipiers me remplacent à la barre :

    Itinéraires                Itinéraires

     

     

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                                                                         Itinéraires

    L'alizé se calme, la fin de la traversée est paisible. Un soir, je capte des stations de radio brésiliennes sur mon transistor à ondes courtes. La nuit suivante, j'aperçois deux halos lumineux à l'horizon, Joao Pessoa et Recife. Ce qui confirme mon point au sextant. Le lendemain, en fin de matinée, la terre est en vue.

                                                     Terre ! Itinéraires

     

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    Arthur à Recife Itinéraires

     

    Retardé par les calmes du départ, ralenti par une carène excessivement sale, j'ai mis 45 jours pour traverser l'océan Atlantique.

    Je n'étais pas pressé, les derniers jours de navigation dans un alizé léger ont été de vrais instants de bonheur.

     

     

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                                                                                  dans le rio Capibaribe

    je dois me réhabituer à vivre à l'horizontaleItinéraires

     

     

           effet de houle Itinéraires

                                                                         Itinéraires effet de lune

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     Pour visiter le Nordeste cliquer... ICI...

     

     

    quelques bateaux amis Itinéraires

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    Une bâche de plastique en guise de voile...Itinéraires  

     

      Itinéraires  Deux jangadas (genre de radeau à voile)

    A bord de leurs esquifs improbables (avec lesquels on ne se risquerait pas à traverser le lac du Bourget, ni un canal à grand gabarit), les pêcheurs brésiliens s'aventurent très loin au large, jusqu'à perdre la côte de vue, sans équipement de sécurité ni gilet de sauvetage, remettant leur vie à Dieu... ou à la chance...

     

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                   Des vents imprévus vous décoiffent et vous emportent

     

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                                                                                                       Itinéraires

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    A marée basse, j'échoue Arthur sur un banc de sable vase du rio Capibaribe pour gratter les anatifes, les moules, et autres crustacés qui prolifèrent sur la coque. Tous les égouts de la mégapole (10 millions d'habitants à l'époque) se déversent dans le rio, ce qui ne dérange pas les pêcheurs à pied qui glanent leur subsistance dans la vase à chaque marée basse (il est formellement déconseillé de commander des fruits de mer dans les restaurants de Recife à moins d'être candidat à l'hépatite).

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    Après 6 mois d'escale, je lève l'ancre pour la Guyane  

     

    Adieu le Brésil Itinéraires

     

    pêcheurs du largeItinéraires

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                                  Quand l'aventure est de tous les jours, elle ne porte plus ce nom...

                            La vie n'a pas la même valeur ici ou là-bas, tout peut dépendre de son lieu de naissance.

                            Avec ma coque d'aluminium, mes voiles renforcées, ne suis-je pas un privilégié ?

     

     


     

        La vie en mer Itinéraires 

         

     

     

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     De mauvais remous, une mer hachée, me confirment que nous passons au large du delta de l'Amazone

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     Petit à petit, la Croix du sud s'abaisse sur l'horizon tandis que remonte l'étoile Polaire...

     

     

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                                   Nouveau passage de l'équateur 

                                  (on voit très bien sur cette photo la remontée vers l'hémisphère nord)

     

     En se rapprochant de la côte, la mer devient vert limon. Quand elle prend la couleur chocolat, c'est qu'on est échoué.

     Je ne suis pas pressé : je mets quinze jours pour effectuer le trajet Recife-Guyane

     

    L'île de la Mère à l'entrée du fleuve Mahury Itinéraires

     

     

    Le port de Cayenne où débarquaient jadis les forçats  Itinéraires

                  Echouage dans la vase de Cayenne Itinéraires

     

     

    Ce pêcheur vénézuélien s'est fait surprendre par la marée descendante Itinéraires

     Pressés d'aller à terre, il arrive que des marins se mettent à ramper nus dans la vase, portant leurs vêtements à bout de bras.

     

     

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    Exercice matinal, ou comment ramer dans la vase...

     

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    un matin à Cayenne Itinéraires

     

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    un soir... Itinéraires

     

     

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    Je travaille quelques mois pour renflouer la caisse de bord. Cette nouvelle prospérité financière me permet de remplacer le réchaud à gaz complètement cuit (sans jeu de mot) dont les brûleurs sont bouchés par la rouille. Je fais l'acquisition d'un nouveau panneau solaire pour m'affranchir de mes lampes à pétrole et je m'offre un combiné radio-cassette stéréo, ce qui est le comble du luxe.

     Je projette de remonter le fleuve Mahury à la voile, puis les rivières Orapu et Counana le plus loin possible (au moteur) là où aucun voilier de haute mer n'a jamais mis la quille.  

    Pour un séjour en forêt avec Arthur, cliquer... ICI... 

     

     

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     l'invitation au voyage

     

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                                        Carénage dans la rivière de Cayenne devant les palétuviers

     



    L'appel du large... Itinéraires

     



                   un nouveau départ   Itinéraires
      



     

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        un alizé musclé Itinéraires            

     Itinéraires sous foc seul

     

     

    Cayenne-Fort de France : 8 jours



    Itinérairesle rocher du Diamant à la pointe sud-ouest de la Martinique


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    Fort-de-France (Martinique)  Itinéraires

     

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                                                                                              Anse d'Arlet

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    J'ai des soucis avec Arthur : il y a une légère voie d'eau au niveau du puits de quille. En navigation, je vide quotidiennement 10 à 20 litres. Entre la Guyane et la Martinique, dans l'alizé costaud, le phénomène s'est amplifié, aggravé par les fonds plats (l'eau se répand partout). J'avais en permanence les pieds dans l'eau ce qui n'est pas vraiment agréable... Je travaille deux semaines pour regonfler la caisse de bord et je mets le bateau à sec dans un chantier naval. Je repère assez vite la voie d'eau : le chaudronnier a oublié une soudure ! Avec le poids du ravitaillement (et des livres) Arthur est enfoncé plus que la normale et l'eau rentre dès qu'il y a un peu de mer. J'emploie les grands moyens : je vide 3kg de résine époxy dans un renfort qui communique avec la fissure. Cette méthode n'est pas du tout orthodoxe mais elle s'avère efficace : je n'aurai plus les pieds dans l'eau.

     

    A Fort-de-France, je reçois la visite d'un inspecteur de la police maritime. Arthur n'est pas autorisé à traverser l'océan mais ici en Martinique, je navigue en côtière ! Disposant de l'équipement règlementaire pour la navigation côtière, je suis donc en règle. Je ne me vante pas de mes exploits mais l'inspecteur n'est pas dupe, d'autant que mon quartier d'immatriculation est Dunkerque... J'ai payé ma taxe annuelle, tout est OK. Avant de partir, il me dissuade à demi-mots de tenter la traversée retour par les Açores et me conseille de mettre le bateau sur un cargo... J'acquiesce poliment. Des bateaux bien plus petits qu'Arthur ont réussi la traversée sans aucun problème, de bien plus grands ne sont jamais arrivés... La chance ou la malchance, les fortunes de mer, ne dépendent pas de la taille de l'embarcation ni de son matériel règlementaire.

    Ici, je voudrais m'adresser aux ayatollas de l'ordre sécuritaire qui voudraient tout légiférer jusqu'à la promenade quotidienne au jardin public et qui savent ce qui est bon ou mauvais pour les uns et les autres. A les entendre, il devrait être interdit de traverser l'océan avec un bateau de moins de 12 mètres de longueur muni d'au moins trois cloisons étanches (le Titanic a coulé avec cinq cloisons étanches), un émetteur satellite, une balise de détresse, une balise personnelle de secours, trois GPS... Ils vont se mettre à hurler à notre époque de cartographie numérique si je leur avoue que j'ai navigué en Guyane et en Martinique avec de vieilles photocopies de cartes marines périmées datant des années 50... Un copain s'en débarrassait après avoir acheté des cartes récentes. J'ai comparé les photocopies avec ses nouvelles cartes et j'ai constaté que les cailloux étaient toujours à la même place...

    Aujourd'hui ? Bien sûr que je naviguerais avec un GPS, mais ce ne serait pas le même voyage... Quant à utiliser un GPS sur l'autoroute... Je ne supporte pas l'idée qu'une petite machine me dicte la route à suivre. Ce n'est plus l'utilisateur qui décide de son itinéraire, c'est la machine... Je trouve cela très inquiétant.

     

     

     

    Itinéraires Aux Trois-Ilets, la veille de mon départ pour les Açores

     

     
     

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    Itinéraires Grain dans la mer des Antilles

     

     

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    Coucher de soleil sur l'île de Montserrat

     

     

      Remonter l'alizé, ça mouille... Itinéraires

     

    Hors de l'abri des Antilles, il faut affronter le souffle puissant de l'alizé du nord-est. Pendant cinq jours, je ne quitte guère la couchette. Arthur saute comme un cabri par-dessus les vagues, quand il ne fait pas le sous-marin. Inconfort total. La cuisine se résume à arrimer la bouilloire sur le réchaud et à chauffer de l'eau. Je me nourris de soupes instantanées. Dès que je passe la tête par le capot, je me prends une gifle d'eau salée. Dans ces conditions, faire le point est acrobatique. Pas question de sortir le sextant, je risquerais de l'endommager et ce serait une catastrophe (c'est une erreur de ne pas avoir emporté un sextant de secours). Je me contente d'estimer ma position, pas d'inquiétude, il y a de l'eau à courir...

    A la fin de la première semaine, nous entrons dans le domaine des vents d'ouest. Je peux recommencer à vivre normalement.

     

     

    Une rencontre au largeItinéraires

     

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    Force 8 entre la Martinique et les Açores
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    Nous sommes sur le passage d'une dépression. Elle n'est pas très creuse mais la mer est une vraie bouilloire. Je mets le bateau à la cape (sans voile en travers du vent) et j'attends pendant presque quarante-huit heures que ça se calme. Deux jours à ne rien faire... Le mauvais temps convient bien aux fainéants...

     

                                                       Itinéraires

     

                                                Après le mauvais temps, le calme (les voiles commencent à souffrir du voyage)

     

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                 Nous arrivons à l'île de Faial (Açores) après 30 jours de mer.

     

    Un mois de navigation en solitaire, c'est presque devenu une routine. La solitude en mer se supporte facilement, cela n'a rien à voir avec l'isolement mental dont on peut souffrir en ville au milieu des humains indifférents...

     

    Itinéraires

    Dans le port de Faial (en arrière-plan l'île de Pico). Nous avons traversé une nappe de pétrole, Arthur en portera les stigmates jusqu'à la fin du voyage...

                       

    Effets de nuages sur l'île de Pico Itinéraires 

     

     

     

    Pour visiter les Açores cliquer... ICI...

     

     

                           Adieu les Açores...Itinéraires

     

    Itinéraires Premier soir

     

     

     

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                  Passent les jours et les nuits Itinéraires

     

     

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    Lors d'un calme, j'entends souffler des baleines (ou des cachalots ?). Je me précipite sur le pont et j'assiste à la plongée de deux cétacés.      

     Itinéraires

    Elle souffle ! (désolé pour l'image, je ne disposais que d'un 50 mm)

     

    Il y a toujours une part de doute quand on navigue au sextant. Alors on observe les changements de rythmes de l'océan. Une houle qui se casse, des vagues plus nerveuses, les oiseaux de mer, quelques bateaux de pêche, indiquent un changement de profondeur, la remontée du plateau continental par exemple. A l'ouvert de la Manche, je perçois nettement une odeur caractéristique. Et... je pêche des maquereaux.

    Je "remonte" la Manche  entre les cargos et les pêcheurs sans trop dormir, heureusement c'est du grand beau temps.

    Il y a un peu de brume. Je n'aperçois la côte que le vingtième jour de mer : Ambleteuse.

    Ambleteuse, bientôt la fin du voyage Itinéraires

     

    Les cap Gris-Nez et Blanc-Nez Itinéraires

     

    Itinéraires

    Le cap Blanc-NezItinéraires

     

    Je m'amarre en soirée dans l'avant-port de Calais comme un plaisancier ordinaire.

    Le beau voyage de deux ans se termine ici. Il me reste 2 francs en poche, juste de quoi téléphoner d'une cabine pour dire que je suis de retour.

    Le jour où j'ai vendu mon bateau Itinéraires

                          Itinéraires Je barre Arthur pour la dernière fois.

     

                                             Itinéraires Je suis redevenu terrien.

     

    Témoignage personnel sur un forum dédié à la navigation de... plaisance (?)

    petit bateau...
    Volage, le mien l'était !
    1800 kg dont 800 kg de lest pour 8m de longueur et 2,80 de bau
    Rapide à toute les allures mais un vrai cabri sur les vagues !
    Ex : en quittant la Martinique pour rejoindre les Açores : cinq jours à remonter l'alizé = cinq jours dans la couchette, ne me levant que pour faire le point au sextant (il n'y avait pas encore de GPS) et prenant à chaque fois une bonne rincée dans la g...
    Il n'était pas du tout conçu pour une transat mais, à ma connaissance, aucun 8m de série n'est conçu pour ça. Et quand il pleuvait, ou par gros temps, le simple fait de rentrer avec le ciré mouillait toute la cabine. Quand ça gigotait trop (la plupart du temps !) je dormais sur le plancher de la cabine.
    Mais j'ai toujours pu utiliser le réchaud à cardan quelle que furent les conditions (vive les soupes instantanées !).
    Par contre, un avantage du déplacement (très)léger : dans le mauvais temps, il fait la mouette ! Cap sèche en travers de la vague et au dodo en attendant que ça passe (pas trop tranquille quand même dans ma tête). Attention ! Je n'ai jamais subi de tempête. J'ai encaissé des vents de force 8 au maximum avec déferlantes. Une fois, je me suis mis en cape pendant 48 heures parce que la mer si mauvaise que j'avais peur de tout casser en voulant à tout prix la remonter au près,  mais aussi parce que j'en avais plus que marre de me faire barater à l'intérieur.
    Autre avantage : par vent fort au portant (mettons force 6) : foc seul et ça fonce pendant des jours.
    Autre avantage d'un petit bateau : je pouvais remonter tout le mouillage à la main (je suis plutôt d'un gabarit léger) et jeter l'ancre sur le pont dans la foulée (il est vrai que j'étais plus jeune que maintenant, aujourd'hui je m'équiperais d'un guindeau...)avant de courir à la barre sans risquer d'aller cogner les voisins.
    Autres avantages :
    - moteur hors-bord en puits, léger, pas cher, sans entretien ou presque.
    - carénage vite fait, pas trop cher (avec ma quille relevable, j'ai caréné deux fois en rivière)
    - frais de port relativement modestes.
    Un autre avantage, et non des moindres, quand on aborde une contrée assez pauvre : avec votre barquasse, vous ne faites guère d'envieux... Souvent, d'ailleurs, les proprios des plus grandes unités, vous invitent, compatissants, à leur bord.

    Je précise que, si je naviguais en côtière avec équipage, j'ai traversé l'océan en solo.

    Si vous n'avez pas trop de sous et si vous supportez de vous faire brasser à longueur de journée, n'hésitez pas !
    Aujourd'hui, avec presque 20 ans de plus, je repartirais volontiers sur un 8m en solo ou sur un 9m en couple, mais avec un canot de déplacement assez lourd. Je n'ai pas du tout envie de retenter l'expérience avec un bateau plus petit. C'est souvent pénible sur un 8m, alors sur un 6 ou 7m, on est proche de la survie.
    mardi 20 mars 2007

     

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